Jean
Ricard
L'ancêtre des Ricard Jean à son arrivée en Nouvelle France fut serviteur de
Michel Gamelin. Si Michel Gamelin, sieur de LaFontaine, maître chirurgien,
marchand de vin et futur seigneur de Sainte-Anne-de-la-Pérade n'est guère
intéressé à faire produire ses terres, il a du moins le mérite d'y avoir amené
Jean Riquart, premier colon de l'endroit et ancêtre des familles Ricart.
(L'épellation de Riquart est celle qui apparaÎt dans la plupart des manuscrits
du XVIIe siècle).
Selon l'historien Raymond Douville, Jean est vraisemblablement arrivé à
Québec le 25 mai 1664 sur le navire hollandais Le Noir, et il aurait appartenu
au groupe de nouveaux colons destinés à la région trifluvienne. La présence du
pionnier est signalée pour la première fois dans un acte du notaire Jacques de
Latouche le 10 septembre 1664, date à laquelle il est déjà à l'emploi de
Gamelin comme serviteur.
Au recensement de 1666 commandé par l'intendant Talon, nul trace du maître
et de son valet. Conscient des failles de ce premier dénombrement des
ressources humaines de
Pionnier de Sainte-Anne-de-la-Pérade
Il y a donc plus de deux ans que Jean Riquart habite sous le même toit que
le sieur Gamelin lorsque celui-ci lui concède le 11 mars 1667 sa première
terre, soit deux arpents de front sur deux de profondeur à la pointe sud de
l'Île Saint-Ignace. Le 18 novembre 1669 Riquart obtient une part dans la
commune où d'autres colons viennent tout juste de s'installer, notamment Pierre
Pinot dit Laperle.
Ancêtre persévérant
De 1671 à 1675, on n'entendra guère parler de l'ancêtre. Mais il continuera
de tenir le fort alors que la plupart de ses compagnons de la première heure
ont déjà quitté Sainte-Anne.
L'année 1675 est, semble-t-il, l'année du mariage de l'ancêtre.
Malheureusement, ni acte de l'état civil ni contrat, s'il y en eut un, n'ont
été conservés. Cette carence en entraÎne une autre : nous ignorons le nom des
parents du premier colon de Sainte-Anne, de même que son lieu d'origine qui
pourrait bien être le Poitou ou
La fin du vieux colon
Le recensement de 1681 nous apprend que Jean Riquart exerce le métier de
boulanger, qu'il possède trois bêtes à cornes et six arpents en valeur. Le
vieux pionnier de Sainte-Anne-de-la-Pérade, rompu par le travail et les ans,
rend le dernier soupir le 8 juillet 1726 et est inhumé le lendemain dans le
cimetière de sa paroisse. Le curé le vieillira d'une dizaine d'années dans son
acte de sépulture, se fiant sans doute plutôt aux apparences qu'à son âge réel.
Madeleine Pinot vit encore près de huit ans et meurt le 26 mai 1734. Plus de
deux siècles s'écoulent avant que les paroissiens de Sainte-Anne rendent un
vibrant hommage à leur premier pionnier le 24 mai 1942. Ses enfants, 4 garçons
et 7 filles, l'imitent et s'acharnent eux aussi au défrichement et à la
culture. Bien peu de colons peuvent se glorifier d'une semblable ténacité et
d'un pareil enracinement au même sol.
Deux fils coureurs de bois
Jean né vers 1676 ou 1677 (2e génération) et Charles-Simon, fils aÎnés de
l'ancêtre, ont été tous deux coureurs de bois pour le compte de
Sources : Saintonge, Jacques. Nos ancêtres, vol. 8. Ste-Anne-de-Beaupré :