La vie sur l ‘île Saint-Jean de Saint François du Lac était moins pénible parce que les tribus indiennes étaient moins menaçantes à cause des traités de paix signés et que les parents avaient défriché un peu de terre. Une bonne santé était la clé de la survie.
Avant le mariage on le dit officier.
Son mariage :
Il choisit comme épouse une voisine dans le village de 21 ans dont le père était armurier à
Saint François du Lac et major de milice. C’est le révérant Père Moreuil, prêtre missionnaire en présence des père et des mères de chacun des futurs époux et témoins qui rédige un contrat de mariage par lequel le futur marié douaire sa future épouse de la somme de 300 livres.
Il décident d`être communs en tous biens mais ils ne seront point des dettes de l ‘un et de l’autre, faites et créées avant leur mariage. Ce contrat sera déposé au greffe du notaire Daniel Normandin presque 2 ans plus tard. Il reçoit donation de deux arpents de front de son père, René sur toute la largeur de l’île.
La jeune fille apporte comme dot une vache que ses parents lui donnent…C’est un bon départ.
Ses affaires :
En 1709 Pierre possède une terre de six arpents de front sur quatre de profondeur.
Pierre possédait dans l’île St-Jean 6 arpents de front sur 5 de profondeur; maison, grange, 6 arpents de terre labourable. En 1714, René le père de Pierre décide de faire donation à Jean-Baptiste, le frère de Pierre. Comme avait déjà eu une partie de son héritage par contrat de mariage, il obtiendra un tiers d’arpent additionnel. Son frère Jean-Baptiste devra lui donner une vache laitière dans un an ainsi que deux taureaux d’un an dans trois ans. Cependant, l’usage de la charrue et des bœufs de traite demeure commun aux deux frères pour une période de cinq ans sur la base de premier prêt, premier servi étant bien entendu que l’entretien était laissé à celui qui s’en servait. Il a sans doute fait l’acquisition des deux et deux tiers arpents de son frère Jean-Baptiste qui avait quitter Saint François du Lac et était allé habiter la région de Montréal, où il s’est marié deux fois (voir Jean-Baptiste).
Jean-Baptiste s’était engagé en acceptant la donations à entretenir ses vieux parents et s’il devait allé habiter ailleurs pour une raison ou une autre, il doit leur verser 3000 livres par an pour leur subsistance.
Pierre avec les témoins et le notaire Daniel Normandin ont signé ce contrat et les autres n’ont pas signé ne sachant écrire.
Le 9 mai 1725, les époux reçoivent le notaire Petit pour vendre des parcelles de terre que Marie-Josephte avait recu en règlement de succession à Antoine et Josephte Joyelle d’une terre situé sur le Grand Chenal de la rivière Saint-François. Le prix de vente est de 90 livres. Transaction par le notaire Pierre Petit de Trois-Rivières.
Vente d’une terre de ½ arpent et 15 pieds de front, dans le grand Chenal de la rivière St-Francois, par Pierre Abraham-Desmarais Marie-Joseph Joyelle, sa femme, du dit lieu, à Antoine, son beau-frère et Joseph Joyel, (8 mai 1725).
Vente d’une terre de trois-quarts d’arpents de front dans le grand chenal de la rivière St-François, par Pierre Abraham-Desmarais et Marie-Joseph Joyel, sa femme du dit lieu, à Antoine Joyel, son beau-frère (9 mai 1725).
Dans la deuxième transaction, Marie-Josephte cède à son père Antoine, ¾ d’arpent de front sur quarante de profondeur. Pierre savait signer le contrat mais pas son épouse.
En 1729, Pierre et son voisin Martin Giguère font venir l’arpenteur Antoine Lepellé/Desmarets de Trois-Rivières pour régler une divergence d’opinion sur la ligne de partage. Les seigneurs n’étaient toujours pas commodes, c‘était le cas de Joseph Crevier qui défendait la pèche dans les eaux de sa seigneurie soit du chenal tardif à la rivière Yamaska et jusqu'à un et un quart de lieu dans le lac St-Pierre.
A l’automne 1730, invoquant l’ordonnance de l’intendant DesMeules, datant du 31 août 1683, il fait défendre à tous ses censitaires de pêcher.
Au printemps de 1731, le capitaine de milice Claude Pinard et son lieutenant Jacques Gamelin font circuler une requête pour se plaindre des mesures prises par le seigneur Crevier et pour se faire rendre libre et gratuite comme autrefois, la pêche dans le lac et notamment à l’entrée de la Baie St-Francois.
Le 27 mars 1732, une ordonnance est émise maintenant Joseph Crevier et ses cohéritiers propriétaires du fief et seigneurie de Saint-Francois, dans la jouissance du droit de pêche accordé à leurs auteurs par leurs titres du 20 avril 1662 et du 28 octobre 1678, et qui fait défendre à Claude Pinard, capitaine de milice, Jacques Gamelin, lieutenant de milice, Pierre Abraham, Louis Pinard, Véronneau père, Labvortric (?), Guillaume Cartier, Eustache Gamelin, Véronneau fils et à tous autres habitants de la Rivières Saint-François de pêcher dans certaines parties de la dite seigneurie sous peine de cents livres d’amende contre les contrevenants et de confiscation des rets, engins canots et ustensiles de pêche à eux appartenant.
Les contestataires recommencèrent leur protestation en 1733,
mais Hocquart décida que l’ordonnance du 27 mars 1732 serait exécutée «à
moins que les habitants n’aimassent mieux convenir à l’amiable avec leur
seigneur d’une rétribution par an ou par filet pour avoir la liberté de la
pêche.» Les habitants ont du céder puisque la pêche était un revenu important
pour leur survie.
(Publiée dans les Édits et ordonnances, vol 111, page 269)
La belle-mère de Pierre était décédée et Pierre fut demandé pour régler la succession; les autres membres de la famille ne savait pas lire ni écrire.
Sa belle-famille n’est pas la seule à lui manifester sa confiance.
Le 9 décembre 1732, Antoine Lepellé dit Desmarets, arpenteur de Trois-Rivières est témoin que la famille Crevier avait donné aux Sauvages des terrains situés dans le fief Pierreville, sans avoir obtenu la permission du seigneur de ce fief.
Antoine Pagnaol lieutenant d’une compagnie du détachement de la marine et Delle Charlotte Giguère, son épouse, pour eux et aussi au nom de Joseph Hertel comme ayant épousé Charlotte Philippe, et pour Marie Philippe fille majeur du défunt Laurent Philippe habitant de la seigneurie de St-François accordent que toutes les terres qui ont été concédées par Marguerite Hertel, veuve de Jean Crevier, seigneur de Saint-François, et Joseph Crevier, de Saint-François, enseigne réformé du détachement de la marine, aux Sauvages Abénakis et Socokis, demeurèrent aux dits Sauvages. Le gouvernement donne, à cause de cela, au sieur Palagol un baril de poudre fine de 1200 livres pour distribuer aux personnes ci-dessus mentionnées. Le 10 mai 1701.
En 1742 Pierre Abraham et Noël Langlais dit Traversy avait recu l’ordre de l’intendant Hocquart de partir incessamment pour se rendre dans le haut de la rivière St-Francois et y faire la visite des bois qui s’y trouveraient, pin rouge, chêne ou autres, propres à la construction et mature des vaisseaux du roi en autres, la frégate le Castor. Ce bois servait à la construction des manoirs et des moulins.
(Édits et Ordonnances 111,459)
On découvrit une pinière de pins rouge (à l’endroit du futur Sherbrooke, prétend l’abbé Albert Gravel, Les Cantons de l’Est 69)
La cour a qui on avait fait part de la découverte se montra peu optimiste.
Le 2 janvier 1744, Pierre Abraham assiste son fils Ignace lors d’un échange de terrain avec la veuve Charlotte Lemaître( épouse de Joseph Crevier, co-seigneuresse de la seigneurie de Saint François du Lac )
Il fût nommé marguilliers vers……..
Marguillier; il a adressé avec les autres marguilliers et le curé Dugast à l’intendant Hocquart une requête accompagnée d’un plan de la disposition des bancs pour montrer que le banc qu’il avaient accordé au capitaine Claude Pinard était vraiment le plus honorable après celui du seigneur. L’intendant leur donna raison.
Le 27 juillet 1739, M » de Miniac avait ordonner de faire réparer le presbytère.Les réparation furent faites, mais le marguillier en charge, Pierre Abraham, avait avancé sur les fonds de la fabrique les 85 livres et les 15 sols nécessaires, et cela avec l’approbation du vicaire général.
Lors de la visite de l’année suivante, M. de Miniac ordonna à Desmarais de retirer cet argent et, pour cet effet, de faire incessamment toute poursuite nécessaire auprès des juges ou subdélégués de l’intendant aux Trois-Rivières, et il exhorta les seigneurs et les habitants de la paroisse à aider à faire ce recouvrement et à lui accorder les attestations et certificats dont il pourrait avoir besoin.
Les esprits s’échauffèrent et manifestèrent de l’opposition. Deux ans plus tard, en 1742, Mgr de Pontbriand étant en visite pastorale à Saint-Francois, les marguilliers lui représentèrent que le recouvrement de l’argent avancé serait une source de division et de procès. Aussi l’évêque consentit à ce que les 85 livres et 15 sols fussent passés dans la décharge des comptes de Desmarais, nonobstant l’ordonnance de M. de Miniac.
En 1748 Pierre et sa femme accueillirent chez eux un garçon de huit ans du nom de Jean-Baptiste Marotte, à la demande de Marie Catherine Périgord sa mère, qui devenue veuve avec un grand nombre d’enfants, était sans ressource. Ils devaient «le garder jusqu’à l’age de vingt ans en le traitant humainement et lui procurant l’instruction de la religion chrétienne et en autre de le nourrir et entretenir pendant le dit espace de temps tel et ainsi qu’un de ses enfants.» L’enfant en retour devait : « les servir en qualité de domestique et engagé.»
En 1760 état de fortune des Abraham/Desmarais lors de la
conquête.
c. a. d. les sommes de 177 livres et de la monnaie de carte pour 63 livres et 15 sols. Le roi remboursa le quart des 177 livres.
*Cette situation pouvait concerner Pierre père ou Joseph ou les deux. Les documents ne précisent.
Les canadiens y perdirent des millions et beaucoup de nos familles nobles s’effondrèrent dans la pauvreté, quelques-unes dans la misère et ne purent s’en relever.
Le 15 octobre 1759, le Régime Français achève. Pour solder les dépenses avec les anglais, L’intendant Bigot avait émis une quantité énorme de billets d’ordonnances, sorte de monnaie de papier sans valeur, qui devait être remis en argent véritable aux porteurs qui les avaient acceptés comme paiement.
Les finances de la France se trouvent dans un grand désarroi. Un édit de Cour suspendit tout paiement de lettres de change. Les détenteurs ne pouvaient plus être remboursés. Ils tentèrent des représentations auprès du plénipotentiaire anglais qui, le jour même de la signature du traité de Paris (cédant le Canada aux Anglais) obtient difficilement du gouvernement français de rembourser une infime partie des sommes impliquées.
Les canadiens y perdirent beaucoup d’argent. Plusieurs familles nobles ou aisées s’effondrèrent dans la pauvreté. Pierre Abraham/Desmarais était impliqué pour des sommes moins importantes, mais n’en fut pas moins lésé.
Pierre Abraham/Desmarais parvint à ce grade de major de
milice.
Justement son statut de major de milice lui permet de rendre service à Joseph Bibault et Marianne Boissel en passant leur contrat de mariage sous seing privé. En effet ne se trouvant de notaire sur les lieux et les futurs époux ne pouvant chez le notaire, Pierre obligea et prêta son concours. Le contrat fut plus tard déposé chez le notaire Pillard pour être gardé en archives.
Tous deux ayant atteint l’age de 61 ans, ils décident de se donner à leur fils Jean-Baptiste qui doit se marier dans quelques mois. Ils ne sont pas très riches, ils donnent une terre de quatre arpents sur dix-huit et demi sur laquelle il y a une maison, une grange et une étable délabrée et en mauvais état sans clôture sur la dite que pour le dire au juste la terre est nue, excepté la maison, leurs meubles meublant, ustensiles d’agriculture et bestiaux consistants les dits en quatre vaches, six moutons, cinq cochons, un cheval de douze ans.
C’est peu comme succession, d’autant plus que le donataire doit loger, nourrir et chauffer les donateurs et sa sœur Françoise, la cadette de la famille qui est encore à la maison et qui n’est âgée que 16 ans.« si longtemps qu’elle voudra rester à la maison en par elle travaillant et agissant ainsi que de coutume pour aider au ménage et récoltes et son travail particulier qui restera pour son entretien. »
En plus, en acceptant la succession, Jean-Baptiste s’engage à payer à chacun de ses frère et sœurs, la somme de 150 livres. C’est un contrat pour un jeune quoi commence à bâtir son avenir.
Donc le 28 février 1752, les parties signent le contrat chez le notaire Pillard.
Les vieux ont vécu ce régime jusqu’en 1758 et alors que Françoise, la plus jeune, décide de prendre mari, ils changent leur donation en faveur de celle-ci.
Jean-Baptiste a quitté Saint-Francois-Du-Lac et Françoise dit épouser Jean-Baptiste Letendre le lendemain.