L'histoire de Joseph 1 Abraham/Desmarais (1717‑1785)

 

Joseph s'occupera sans doute des travaux de la ferme familiale dès son jeune âge, mais il signera plusieurs engagements comme voyageur ou coureur de bois, pour faire la traite des fourrures.

 

À 24 ans il s'engage une première fois devant le notaire L.C. Danré de Blanzy à Montréal. Ce contrat le lie à Ignace D’Ailleboust, sieur de Périgny, pour aller à Mîchilimakinac. Ce poste était situé sur le bout de la presqu'île entre le lac Michigan et le lac Huron. C'était le lieu où descendaient les Amérindiens pour la traite des fourrure. À l'aller l’équipe transportait des marchandises, dont des objets de traite et revenait avec des pelleteries l'année suivante. Le salaire pour cette expédition était de 230 livres payables au retour. Il était défendu de faire la traite à son propre compte. Il fallait obéir aux ordres immédiatement et protéger le chargement. Ces voyages duraient près d'un an.

 

Le 15 février 1744, Joseph prend possession de sa propre terre.

 

Elle lui est concédé de par dame Marguerite Véron de Grandmesnil, veuve du seigneur Petit de Yamaska. Cette concession est donc située à Yamaska. L'ancêtre Joseph se détache un peu de la souche des Abraham dit Desmarais.

 

Cette terre mesure trois arpents sur quarante sur la rivière Yamaska. Les cens et rentes de 9 livres, 2 sols tournoises sont payables chaque année à la Saint‑Martin, le 11 novembre.

 

La dame bailleresse se réserve le droit de la coupe du bois nécessaire aux utilités publiques, celles de l'église ou de son manoir. Le contrat est passé en la maison de Pierre Abraham dit Desmarets dans l'après-midi.

 

La seigneurie à l'époque de Joseph appartenant à la succession de Pierre Petit qui était le deuxième seigneur de Yamaska. Il l'avait acquise en 1694 du seigneur, sieur de la Vallière.

 

A partir de 1749, elle passera à la famille Godefroy de Tonnancour.

 

Le 11 juin 1744 Joseph signe un nouveau contrat d'engagement avec Ignace Gamelin pour un voyage à Michilimakinac. En 1745, il repart de nouveau et pour le même endroit.

 

Son frère Ignace fait partie d'un autre équipage qui part en juin 1745.

Nos ancêtres avaient déjà le goût de l'aventure et des voyages sur l'eau.

 

Ses mariages ‑.

Premier mariage

 

Joseph a maintenant 29 ans et décide de prendre femme. Son futur beau-père, navigateur de métier et co‑seigneur de Mingan/Anticosti, était décédé et sa belle-mère n'a pu se rendre au mariage. C'est tout un branle-bas pour un contrat de mariage. Comme les parents étaient les notables de l'époque, on peut s'expliquer le déplacement de tous ces gens: Pierre Abraham était Major de milice et Vital Caron, qui remplaçait les beaux parents par procuration était l'Armurier du Roy. La famille Anticosti avait une certaine envergure aussi. De la fête est déjà commencée, le mariage aura lieu le surlendemain. Par ce contrat, Geneviève apporte une terre acquise antérieurement sur laquelle il y avait « maison de faite et parfaite ». Cette terre est située à Yamaska. C'est pourquoi ils iront y vivre. Le contrat déroge de la coutume de Paris, parce que la terre sera considérée comme un acquit pendant le mariage. La coutume voulant que les biens acquis antérieurement au mariage appartiennent à chacun.

 

Le contrat sera déposé au greffe du notaire Pilllard le 17 juillet 1747.

Son épouse décède lors de la naissance des jumelles Charlotte et Marie en 1757.

 

Son deuxième mariage;

Veuf, avec cinq enfants, il se remarie avec Louise....  sa cadette de 19 ans qui avait été élevé par Pierre Abraham son père. On ne sait rien de cette fille si elle était un enfant naturelle ou amérindienne; dans tous les contrats, elle ne sera connue que sous le nom de Louise.

Il est probable qu'elle ne venait pas de la famille immédiate, puisqu'elle épouse un fils de la

famille et son origine devait être connue.

 

Deuxième contrat de mariage

 

Ce contrat mentionne un préciput réciproque de 2000 livres. Joseph dote sa future épouse du douaire coutumier de 500 livres. La future épouse apporte une contribution de 600 livres en argent et en grain provenant de ses épargnes. et soins avant ces présentes, ainsi que sa chambre garnie, ses linges et hardes à son usage, bagues et joyaux. Les deux futurs époux n'ont pas signer ayant déclaré ne pas le savoir.

 

Ses affaires :

Joseph reçoit la terre de deux arpents sur six située au chenal Tardif de Saint‑François‑du‑Lac qu'Ignace, son frère décédé, avait apporté dans la communauté lors de son mariage en 1749 avec Charlotte Jolliet. Cette dernière reçoit l'usufruit de la terre.

Joseph en acceptant la succession, doit rembourser 124 livres pour les frais funéraires et les honoraires du chirurgien Bourdais de Sorel. Il semble qu'Ignace ait été malade avant de mourir et que les services du chirurgien n'avaient pas encore été payés.

Joseph accepte à condition que sa sœur Françoise renonce à toute prétention à cette succession. Ce qu'elle fait évidemment le 5 février 1757. Sa sœur Marguerite fait de même le 8 février de la même année.

Joseph règle les dettes et revend la terre pour la somme de 400 livres.

 

Joseph 1 achète une terre sise au fief Thiersant de Yamaska qui était mise à l'encan à la porte de l'église pour le règlement d'une succession. Il paie 200 livres. Il débourse 14 livres comptant et les 186 autres sont payables dans les trois ans. La concession est chargée des cens et rentes coutumières payables à la Saint‑Martin. Les conditions étaient avantageuses pour Joseph.

 

Le 28 février 1762, Joseph fait un échange de terre avec son beau‑frère  Jean‑Baptiste Letendre.

Joseph quitte sa terre de Yamaska pour habiter la maison paternelle de l'Ile Saint‑Jean que Jean‑Baptiste et sa femme Françoise avaient reçue de Pierre Abraham lors de leur mariage.

Joseph revient donc avec sa famille à Saint‑François‑du‑Lac. Ils étaient à Yamaska depuis 18 ans. C'est un retour aux sources.

 

En 1764, les gens présentèrent un état de leurs lettres de change, monnaie de cartes, billets d'ordonnance et certificats.

 

La famille Desmarais avait des billets d'ordonnance (voir Pierre)

 

Le Gouvernement Français accepta de rembourser les lettres de charge d’avant le 15 octobre 1759 et celles de 1760 pour les fournitures de l'armée. Sur le reste, il ne consent à rembourser que la moitié des lettres et le ¼ des ordonnances. Comparativement à d'autres familles nobles, la perte fut moins grande, quoique substantielle pour une famille ordinaire.

 

Le recensement de 1765 nous donne quelques informations sur le couple Joseph et Louise.. Ils ont huit enfants avec eux et une femme servante. Leur terre a 64 arpents dont 35 en culture avec cinq vaches, six moutons, trois chevaux et sept cochons

 

En 1770 Joseph reçoit une concession du seigneur Joseph Crevier de Saint‑François‑du‑Lac Il s'agit de trois morceaux de terre servant de prairies. Voyons ce que le texte du contrat nous dit:

 

Trois morceaux de terre servant de prairie le premier morceau tenant au devant de la terre de Joseph Julien, contenant trois arpents de front sur la profondeur jusqu'aux folles avoines, borné du côté d'en bas à Joseph Niquet et du côté d'en haut à François Saouë(Salois), aux arbres complantés, faisant la profondeur de la terre de Joseph Jotte , par arrière au fin de là dite profondeur,

 

l'autre au bout des 40 arpents du nommé Boissette, ce qui peut y avoir de terre pour faîre des prairies depuis la ligne du nommé Verviile jusqu'au Côteau sans autre mesure de terrain;

 

l'autre du côté de la concession du nommé Verville à prendre par le devant au bout de la profondeur de la terre du nommé Potdevin jusqu'à la ligne seigneuriale de la dîtte seigneurie du côté à nommé Verville, d'autre côté au bord des branches de la ditte boye (Baie).

 

Les trois prairies sont chargées d'une rente de trois livres chacune à perpétuité, toujours payable à la Saint‑Martin.

 

Le 12 mars 1771, Joseph 1 obtient de Joseph 2 son fils et de sa bru Josephte Frontigny quittance de tout ce qui lui est dû de la succession de la mère et belle-mère Geneviève Jolliett/Anticosti.

 

Un an après le décès de Joseph 1, la veuve Louise, devant Charles Maillet, juge des prérogatives pour le gouvernement de Trois‑Rivières a fait assembler les parents et amis des enfants mineurs(5) de son défunt et d'elle, à l'effet de donner leur avis sur l'élection d'un tuteur et subrogé tuteur aux dits mineurs, savoir Joseph desmaret  leur frère, Louis Perron leur oncle, Joseph Lionnais leur cousin, Jean‑Baptiste LaCerte, Augustin Gauthier, Joseph Tricenne dit Laflèche, Firmin Commeau leurs amis... et après avoir ainsi pretté serment ont dit que leur avis est, que le dit Joseph Desmarais fils soit tuteur et Louis Perron subrogé tuteur. »

 

Le 30 janvier suivant le notaire Robin procède à un inventaire de la communauté des biens à la requête de Joseph Desmarais tuteur des enfants mineurs, en la présence de Louis Perron, Louise la mère et Marianne, fille majeure.

 

La mise à prix est faite par les sieurs François Couturier Père et François Niquet habitant du dit bien, aussifort capable défaire la ditte estimation qui ont juré faire icelle en leur âme et conscience. »

 

Tous les biens sont répertoriés, dont une vieille table, six mauvaises chaises, une mauvaise charrue, deux vieux canots, un vieux cheval, une jument, une vache, trois cochons, une mauvaise maison de vingt quatre pieds et couverte de  planch avec cheminée de pierre, une mauvaise grange de vingt deux pied quarré couverte en herbe, une étable de dix huit pieds sur vingt, couvert en paille. » font aussi partie de l'inventaire, les terres faisant partie de la communauté. Apparaissent aussi les dettes qui suivent (en louis)

Une année de rentes des terres :

La rétribution de soixante messes pour le repos de l'âme de deffunt Pierre Abraham et de

deffunte Josephe Joyual                         72,

À François Courtyurier                        2,10

Plusieurs minets davoinne                         21

Au Docteur de Maskinongé          34,16 »

 

 

Ces conditions financières n'étaient pas tellement enviables.

Le lendemain de l'inventaire, c'est le partage des terres qui a lieu. Ces terres avaient été inventoriées la veille elles aussi.

Il s'agit de la terre ancestrale dans l'île Saint‑Jean d'une dimension de deux arpents sur seize.

Il y a aussi une seconde terre en bois debout située dans le bois de Saint‑François de trois arpents sur trente, et finalement, une terre en prairies située en bordure de la baie de Saint‑François.

Comme le veut la coutume, la moitié des terres est divisée également entre les enfants Louise, Ignace, Marianne , Irène, Antoine, Marguerite, François et Michel 11.

Toute fois, les prairies seront exploitées en commun et les charges et rentes seront réglées en commun.

Louise restera veuve quelques années, mais elle se remarie ra le 7 janvier 1789 avec Jean­Baptiste Laplante dit Badayac veuf de Marie Cantara.