Gamelain Michel (1640-1676)
Fils du marchand de vin Michel Gamelin et de Françoise Bélanger, de la paroisse Saint-Surin (sic) de la ville de Blois contacte mariage devant le notaire Ameau le mercredi novembre 1661, avec Marguerite Crevier, née vers 1643, fille de Christophe Crevier et de Jeanne Évart, de la paroisse Saint-Sauveur de La Rochelle. De leur union naissent six enfants.
Il est qualifié de chirurgien quand, le 13 novembre 1660, René Besnard dit Bourjoli, caporal de la garnison de Trois-Rivières lui réclame la somme de 6 livres et 4 sols. Le 22 janvier 1661, il présente une requête au bailliage de Trois-Rivières contre le chirurgien Louis Pinard et lui réclame 17 livres pour avoir traité Marie Sédilot, veuve de Bertrand Fafard. Le 2 avril suivant, Louis Pinard lui réclame 15 livres à son tour. Il se dit prêt à lui payer 4 livres pour les quatre jours où il a habité chez lui. La querelle entre eux se poursuit, car le 30 avril de la même année, Louis Pinard adresse une requête à la Prévôté afin de l'empêcher de lui enlever ses clients. On leur ordonne de ne pas s'enlever des clients l'un et l'autre. Ils finissent par s'entendre, le 18 juin, sur la façon de se les partager. Le 17 juillet, il réclame 14 livres au soldat Jean Hérisson. Le 17 septembre, il réclame la somme de 12 livres à Jacques Aubuchon dont il a soigné le fermier.
Le 4 mars 1662, il réclame 34 livres à Jacques Aubuchon et le 11 mars suivant, 10 livres à Jacques Grandinier. Le menuisier Yves Branelle dit Saint-Yves lui confie son fils Pierre afin qu'il assure son éducation. Le 29 avril 1662, il demande à Branelle de reprendre son fils. Il dit qu'il est toujours en fuite. On lui ordonne de le reprendre de peur qu'il se fasse tuer par les Iroquois. Le 17 juin suivant, Maurice Poulin lui réclame une seringue qu'il lui a prêtée, en le priant de la lui rendre dans le Même état. Comme l'étui n'est plus en bon état, il propose de le remplacer par le sien. Poulin refuse. Il est contraint de lui rembourser le tout. Le 29 septembre de la même année, il encourage Jean Bouteleu en lui fournissant 8 livres pour l'appuyer dans sa gageure contre François Colar, Louis Laurent et Louis Beaudry. Bouteleu dit qu'il apprêtera à lui seul et liera en gerbe trois cents « rioches » ou harts plus vite qu'eux pourraient le faire pour le même nombre de harts. Le 28 octobre suivant, Jacques Loiseau promet de lui défricher un arpent de terre sur son habitation du Cap-de-la-Madeleine, moyennant 18 livres. Au cours de cette année 1662, il reçoit un emplacement de terre au Cap-de-la-Madeleine.
Le Conseil Souverain profite du conflit qui existe entre lui et le chirurgien Louis Pinard, pour refuser à ce dernier, le 14 novembre 1663, une augmentation de ses gages de 150 livres pour soigner la garnison de Trois-Rivières. On menace Pinard de confier ce travail au sieur Gamelin. Le 31 mars 1664, les maîtres charpentiers Élie Bourbeau et Pierre Guillet promettent de lui construire une maison de vingt-cinq pieds par dix-huit pieds au Cap, moyennant 600 livres. Claude Herlin qui lui a tué deux de ses cochons alors qu'ils se promenaient dans son grain fait une déposition devant le juge Quentin Moral, le 10 septembre 1664. Il présente comme témoins dans cette affaire: Pierre Trotier, Pierre Rebour, Pierre Nicquet et Jean de Cougnac. Le 26 avril 1665, François Brunet dépose un appel au sujet d'une sentence de Quentin Moral à son profit. Le 4 mai suivant, Louis Lefebvre en fait autant. Le 9 juin 1666, Jean Ouiste lui réclame une somme de 10 écus pour lui avoir rapporté deux paquets de castor gras des Outaouais. À l'appui de ses dires, Ouiste fait témoigner Léonard Bisso, Mathieu Rouillard, Benjamin Anceau, Sébastien Provencher et Robert Henri.
Il devient seigneur de Sainte-Anne en 1667 et, à ce titre, y concède des terres. Entre le 14 février 1667 et le 9 septembre 1670, près d'une vingtaine d'habitants reçoivent une concession de sa part, ce sont par ordre alphabétique: Jean Bonneau, Jean Boullard, Jacques Brisset, Pierre Caillouneau, Pierre Content, Michel Feuillon, René Fores, Jean Grimard, Jean de Latière, Jean Liesse, Clément Maugue, Jean Mouflet, Jean Picard, Pierre Pineau, Jean Ricard, Michel Roy et Claude Sauvageau. Au début de cette année 1667, le 29 janvier, plusieurs personnes, dont Jeanne Bouchard, femme de Martin Foisy, Jacqueline Chamboy, épouse de Michel Pelletier de Laprade et d'autres, dont son serviteur Léonard Besse dit le Limousin témoignent au sujet de la traite d'eau-de-vie dans laquelle il est très impliqué. Le 12 mars suivant, il s'engage à nourrir pendant un an Jean Mouflet et Jean Bonneau qui, en retours, promettent de travailler au défrichement et à l'ensemencement de sa terre. Il est condamné par le Conseil Souverain, le 26 juin 1667, à payer 200 livres d'amende pour avoir contrevenu à l'ordonnance qui défend de vendre de l'eau-de-vie aux amérindiens. Le 13 juillet suivant, Jean Gladu dit Cognac lui réclame paiement de onze jours de travail à la construction de sa grange.
Au recensement de 1667, il possède deux bêtes à cornes, et vingt-trois arpents de terre en valeur. Nicolas Gatineau vend en son nom, le 30 janvier 1669, une terre au Cap-de-la-Madeleine à Louis Lefebvre dit Lacroix. Le marchand Simon Baston lui réclame, le 9 février suivant, la somme de 710 livres 5 sols et 6 deniers. Il vend sa terre et seigneurie de Sainte-Anne, le 29 septembre 1670, à Edmond de Suève et Thomas Lanouguère, au prix de 2700 livres. Le 20 septembre suivant, il vend une terre de quatre arpents de front par quarante arpents de profondeur à Jacques Damien, pour la somme de 100 livres. Il s'est réservé dans son ancienne seigneurie de SainteAnne une terre de quatre arpents de front. Le 27 décembre 1670, il la loue pour trois ans, à commencer le 25 mars 1671, à Michel Feuillon et Jean Rouleau, moyennant cinq minots de blé par arpent ensemencé. Le 16 juillet 1671, Michel Feuillon se désiste de ce bail. Le 31 juillet 1672, il vend un morceau de terre et une maison qui lui appartiennent au Cap-de-la-Madeleine à Vivien Rocheleau qui, en retour, promet de lui défricher un arpent de terre et de lui verser 30 livres. Il est du nombre des censitaires de la seigneurie de Sainte-Anne qui, le 6 février 1673, passent un accord avec les nouveaux seigneurs au sujet du bornage des terres. Il a emprunté 448 livres à Claude Jutras dit Lavallée devant le notaire Ameau, le 22 janvier 1671 Jutras lui réclame cette somme à la Prévôté de Québec le 11 octobre 1673. On ignore la date précise de son décès. Il vit toujours le 31 mars 1675, mais n'est plus le 27 février 1677, quand sa veuve reconnaît devoir 500 livres au sieur Charles Bazire. Signature numéro 447.